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La ville de Tortosa se trouvait à un emplacement stratégique, sur un territoire très convoité et
souvent assiégé. La défense de la place forte, protégée naturellement par le cours de l'Èbre et les collines qui
l'entourent, a été renforcée depuis l'Antiquité grâce à la construction de murailles dont le périmètre a été
modifié au cours des siècles en fonction de l'essor de la ville, de l'évolution de l'espace urbain et des besoins
défensifs de la ville et du territoire.
Au 16ème siècle, l'organisation de la défense de la ville reposait sur les trasts. Ce terme était utilisé dans les
documents pour qualifier les différents tronçons de la muraille, quinze au total, dont l'ensemble formait le périmètre
fortifié de la ville. Ce terme désignait également chacun des groupes d'hommes ou miliciens auxquels incombait la
défense des différents tronçons de la muraille.
Chacun des quatre États partageait les lieux avec la totalité de la population: les nobles, les citoyens honorables
et les artisans participaient à la défense de la ville. Les principales familles, parmi lesquelles figuraient les
noms les plus illustres, étaient les Curto, les Torrelles, les Canyissar de Sebil, les Jordà, les Sebil, les Boteller,
les Soldevilla et les Despuig, entre autres, qui menaient et commandaient les artisans et les paroissiens appartenant
aux différentes confréries de la ville pour former le plus gros des milices. De plus, les trasts possédaient un
atambor (tambour), dos toquadors (joueurs de trompette) et un drapeau avec leurs couleurs
distinctes.
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Dessin de la ville de Tortosa, interprétation de Frank Disseny à partir des dessins d'Anton van den Wyngaerde
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Les confréries pouvaient avoir deux origines: paroissiales ou dévotionnelles et professionnelles. Les premières
confréries regroupaient les habitants d'une paroisse ou d'un quartier et recevaient le nom de la paroisse ou du quartier
en question. Un exemple en est la confrérie Sant Jaume. Les autres confréries pouvaient s'organiser autour de différents
métiers : pêcheurs, tailleurs, cordonniers, peintres, etc.
Les confréries de type professionnel étaient des institutions complexes. La prohibition qui empêchait la création
d'organisations de type syndicales fit que les confréries ou associations à dévotion religieuse se développèrent pour
devenir des instruments régulateurs des métiers, en établissant des critères d'accès et des moyens de contrôle de la
qualité des produits. De cette manière, les confréries sont apparues comme des institutions religieuses reposant sur
le tissu social, économique et défensif de la ville.
En plus des quinze trasts déjà mentionnés, participaient également à la protection des murailles quatre capitaineries
de secours composées de: la confrérie du temple, les hommes des confréries des menuisiers, des orfèvres et des bouffons,
et les hommes originaires des localités de Xerta, Aldover, la Galera, Godall, el Mas de Barberans, Benifallet, el Perelló,
la Fullola et de Tivenys. Et deux autres capitaineries : une pour garder le château et une d'artillerie.
La documentation des Archives Historiques de la Région des Terres de l'Èbre a permis de reconstituer le plan de la ville
et de situer les différents trasts de défense.
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