Aux 15ème et 16ème siècles, l'Italie a vu naître un mouvement artistique caractérisé par
la volonté de ré- cupérer les valeurs de l'Antiquité classique: la Renaissance. La na- ture
constituera sa source d'inspira- tion, et c'est à partir de son analyse qu'apparaîtra une nouvelle
réalité idéalisée. La science au service de l'art, et son intellectualisation feront que les
artisans revendiqueront un nouveau statut social: celui d'artiste. Le reste de l'Europe,
y compris la Catalogne, profondément enraciné dans les conceptions et les formes du monde
gothique, résistera aux influences italiennes jusqu'au 16ème siècle.
Au sein du Royaume de la Couronne d'Aragon, les nouveaux modèles seront lentement assimilés,
malgré d'importantes relations avec l'Italie. Les constructions traduiront encore souvent les
valeurs du gothique tout en intégrant le nouveau courant artistique de manière superficielle.
Le fond théorique caractéristique de l'art italien restera dans un premier temps absent de la
production artistique locale.
La fonction de capitale artistique que jouait jusqu'alors Barcelone se déplace à partir
de la moitié du 15ème siècle vers Valence qui, avec Gérone et Saragosse, deviennent les centres
accueillant les nouvelles influences. À ce titre, il est important d'indiquer la grande affluence
d'artistes forains : des voyageurs castillans, français, flamands et italiens qui venaient
présenter leurs principales œuvres.
La mythification de la période médiévale dans notre pays a souvent contribué à minimiser
l'importance des périodes artistiques postérieures et, par conséquent, à limiter leur étude. Notre
ville a constitué une exception malgré l'important héritage patrimonial que nous a laissé cette période.
Les interventions effectuées sur les murailles, la Lonja, l'Hôtel de Ville, le Couvent Sainte Claire,
la construction de la porte du pont et les travaux de génie civil comme les canaux d'irrigation et
l'agrandissement du réseau des égouts donnent une idée des progrès du secteur de la construction de
l'époque. Le Consell de la Villa, les corps de métiers, les ordres religieux, le Chapitre
de la Seu et les classes aisées ont constitué les promoteurs d'une production artistique considérable
qui incluait plusieurs langages artistiques et dont il reste aujourd'hui encore des exemples significatifs.
|